Description du projet

Dans le cadre de ce projet, Abrinord s’est associé à la firme Habitat, une entreprise proposant des solutions fondées sur la nature visant à alimenter et accélérer la transition écologique afin de favoriser la résilience des territoires. L’équipe d’Habitat a réalisé une caractérisation géomatique de la ZGIE, puis a analysé les services écosystémiques rendus, pour finalement déterminer la valeur économique associée aux services évalués. De plus, la Chaire de recherche du Canada en économie écologique (CRCEE) de l’Université du Québec en Outaouais, dirigée par Jérôme Dupras, a mené une étude à l’échelle de tous les bassins versants du Québec sur la disposition à payer des citoyens pour la restauration des milieux humides. 

Afin d’assurer une harmonisation du projet avec les besoins réels du milieu, Abrinord a coordonné une table de réflexion régionale, composée de partenaires municipaux, économiques et communautaires.

Durée du projet : avril 2021 à janvier 2022

Objectifs

  • Déterminer la valeur économique de certains services écosystémiques liés à l’eau et aux milieux humides

  • Vulgariser l’information afin de la partager avec l’ensemble des acteurs de l’eau du territoire

  • Permettre aux acteurs responsables de l’aménagement du territoire de prendre des décisions éclairées basées sur les connaissances scientifiques les plus à jour

Qu’est-ce que les services écosystémiques?

Les services écosystémiques, ce sont essentiellement des avantages que nous retirons de la nature en tant que société. L’approvisionnement en bois, par exemple, est un service que nous rend la forêt. La filtration de l’eau est un service que nous rendent les plantes, surtout en milieu humide.

On regroupe les différents services écosystémiques en quatre catégories:

  • Approvisionnement

(matériaux, aliments, eau potable, etc.)

  • Régulation

(filtration des polluants, régulation du climat, etc.)

  • Support

(formation du sol, habitat pour les animaux, etc.)

  • Culturalité

(beauté des paysages, loisirs, patrimoine, etc.)

Résultats

Carte interactive et données géomatiques

Présentation visuelle des résultats du projets (Prezi)

Rapport final

Retombées du projet

Service évalué Explication Échelle d’analyse Valeur biophysique Valeur totale du service
Stockage de carbone Quantité de carbone déjà présente dans les tissus des végétaux depuis des années Zone de gestion 35 095 080 tC 6,8 G$
Séquestration de carbone Quantité de dioxyde de carbone annuellement captée par les végétaux et transformée en tissus vivants Zone de gestion 164 236 tC/an  31,7 M$/an
Rétention des sédiments Quantité de sédiments retenus par les milieux naturels et non exportés aux lacs et aux cours d’eau Bassin versant de la rivière du Nord 3 214 552 tonnes/an Entre 4,6 et 94,8 M$/an
Rétention d’azote Quantité d’azote retenue par les milieux naturels et non exportés aux lacs et aux cours d’eau Bassin versant de la rivière du Nord 1885,7 tonnes/an Entre 7,8 et 21,8 M$/an
Rétention de phosphore Quantité de phosphore retenue par les milieux naturels et non exportés aux lacs et aux cours d’eau Bassin versant de la rivière du Nord 185,7 tonnes/an 1,1 M$/an
Habitat pour la biodiversité Capacité des écosystèmes à fournir un habitat propice aux espèces tant animales que végétales Zone de gestion Non disponible 412 M$/an
Esthétisme des paysages Valeur culturelle attribuée aux milieux naturels qui participent au bien-être des individus Zone de gestion Non disponible 14 M$/an
Approvisionnement en eau Quantité totale d’eau reçue qui transite dans le bassin versant   Bassin versant de la rivière du Nord 2,4 K mètres cubes/an Non disponible

*tC = tonnes de carbone

Fiche résumé – carbone

Fiche résumé – érosion

Fiche résumé – nutriments

Fiche résumé – volonté à donner

Des recommandations pour l’aménagement du territoire

En offrant un nouveau regard sur les milieux naturels du territoire et en s’attardant aux services qu’ils rendent à notre société, cette étude a également permis de dégager certains constats et, à la lumière de ceux-ci, d’émettre des recommandations pour un aménagement durable du territoire :

Constats à l’origine de cette recommandation:

  • Il y a davantage de précipitations dans la section nord du territoire 
  • L’imperméabilisation du sol, par des routes et des habitations, notamment dans les pentes fortes, aux abords des cours d’eau ou dans les secteurs reconnus pour être sujets à l’érosion, augmente les risques d’érosion dans les zones à proximité. Cette érosion a un coût économique direct (ex. nettoyage des cours d’eau, augmentation des coûts dans les stations d’épuration de l’eau) et indirect (ex. augmentation de la turbidité de l’eau qui a des conséquences négatives sur l’habitat et la présence d’espèces fauniques, ce qui entraîne ensuite une baisse de l’attrait touristique du territoire). 
  • Un développement urbain où l’on remplace les surfaces naturelles perméables par des surfaces imperméables risque d’augmenter la quantité et la vitesse de l’eau qui ruissellera vers les lacs et rivières. Ceci peut entrainer une montée du niveau d’eau des lacs et rivières plus rapide pouvant conduire à son tour à des crues subites et à des inondations, notamment en aval. 

Constat à l’origine de cette recommandation:

  • Certains écosystèmes du territoire, selon leur position spatiale, peuvent avoir une valeur plus importante que le même écosystème situé ailleurs. Avec les données géomatiques produites, notamment pour les services de contrôle de l’érosion et de polluants, il est possible d’évaluer spatialement si le développement urbain futur se localise dans une zone d’importance pour les services écosystémiques de régulation mentionnés.

Dans le même ordre d’idées :

  • Favoriser la protection ou la restauration des zones tampons le long des milieux aquatiques comme des bandes riveraines de qualité, c’est-à-dire fortement végétalisées et d’une largeur convenable. Il en va de même pour les forêts et milieux humides situés entre des pistes de ski et des milieux aquatiques. Ces actions limiteraient le transfert de polluants et de sédiments vers les cours d’eau. 
  • Préconiser la mise en place de haies brise-vent et de cultures de couverture en milieu agricole pour réduire l’érosion par le vent et l’eau.
  • Limiter la conversion de milieux naturels en zones urbanisées, surtout dans les secteurs en pente, et assurer une couverture végétale (herbacée ou autre) pour minimiser la perte de sols. 

Constats à l’origine de cette recommandation:

  • Il est préférable de conserver les milieux humides présents plutôt que de créer de nouveaux milieux pour contrebalancer les pertes. Les milieux humides sont en effet régis par des processus biogéochimiques extrêmement lents et la création d’un nouveau milieu humide ne contrebalance pas la perte de certaines fonctions, comme le stock de carbone présent ou la biodiversité. 
  • La localisation des milieux humides est également importante puisque ces milieux offrent d’importants services de filtration de l’eau (utile en contexte agricole et urbain) et de refuges pour la biodiversité (habitat, nourriture). 

Constats à l’origine de cette recommandation:

  • Bien que certaines préoccupations associées aux milieux humides soient ressorties suite au sondage sur la volonté à donner, un travail de sensibilisation semble nécessaire afin de mieux informer la population quant au rôle de ces milieux dans nos écosystèmes et à leurs grandes valeurs écologiques, économiques, sociale et culturelle.

Constats à l’origine de cette recommandation:

  • Une identification des corridors écologiques régionaux serait nécessaire, notamment dans la portion sud de la ZGIE, puisque les milieux naturels y sont déjà fragmentés par l’urbanisation et l’agriculture. L’identification de corridors écologiques permettrait en outre de mieux les intégrer lors de la planification territoriale et le cas échéant, de mettre en place des mesures d’atténuation afin de ne pas nuire à la circulation des espèces. 

La volonté à donner

Dans la région des Laurentides, ce sont 300 répondants qui ont répondu au sondage sur la volonté à donner.

Les contribuables sont ainsi prêts à donner en moyenne :

  • 40 $/personne/an pour la conservation des milieux humides (6,5 M$ pour toute la ZGIE);
  • 73,10 $/personne/an pour le service de protection de la biodiversité (11,9 M$);
  • 66,34 $/personne/an pour le service de maintien de la qualité de l’eau (10,8 M$);
  • 61,49 $/personne/an pour le service de lutte aux changements climatiques (10 M$).

Le projet en vidéo

Des capsules vidéo ont été réalisées afin de vulgariser les méthodes utilisées ainsi que la signification des données obtenues.

Communiqués de presse

Pour plus d’information sur le projet

Partenaires du projet

Partenaires financiers

Ce projet est rendu possible grâce à une contribution du Programme de soutien régional aux enjeux de l’eau, lié au Plan d’action 2018-2023 de la Stratégie québécoise de l’eau, qui déploie des mesures concrètes pour protéger, utiliser et gérer l’eau et les milieux aquatiques de façon responsable, intégrée et durable.